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Rencontrer Dieu

Le prophète Élie traverse le désert pour se rendre au mont Horeb afin d'y rencontrer Dieu (1 Rois 19).
 
Lorsque dans notre époque des personnes disent douter de l’existence de Dieu, quelle réponse leur donnons-nous ?
-       Il se peut que nous réagissions d’un point de vue philosophique. Il existe toutes sortes de soi-disant preuves de l’existence de Dieu, et Thomas d’Aquin en avait déjà énuméré cinq. Par exemple, celle selon laquelle Dieu est la cause première. Le philosophe Blaise Pascal a écrit à propos de ces preuves dans son ouvrage « Pensées » et, pour paraphraser, cela donne : « Les croyants n’ont pas besoin de preuves de l’existence de Dieu, et les incroyants ne se laissent de toute façon pas convaincre par elles. »
-       On pourrait également partir du cosmos. Quelle complexité et quelle beauté dans la structure de l’univers ! Il suffit, par exemple, de considérer la complexité de la structure du corps humain. Non pas que Dieu soit adoré comme le soleil, mais en tant que créateur de toute chose.
-       Ou bien on part des miracles qui se produisent. Il existe ainsi de nombreux miracles eucharistiques et le miracle du soleil de Fatima.
-       Ou bien on raconte des récits tirés de la Bible dans lesquels Jésus guérit des gens ou marche sur l'eau.
 
Sur le mont Horeb, Élie rencontre Dieu. Dieu n’est pas présent dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. On pourrait traduire cela ainsi : Dieu n’est pas présent dans ce qui est spectaculaire, donc pas en premier lieu dans le cosmos ou dans les miracles.
Dieu est présent dans la brise légère. Dieu, qui est normalement invisible, se révèle dans la sollicitude des hommes les uns envers les autres. Cela s’inscrit dans la lignée des appels de tous les prophètes de l’Ancien Testament, par la bouche desquels Dieu dit : « Je ne veux pas de sacrifices, mais la justice pour les pauvres, les étrangers, les veuves et les orphelins. »
 
Le climat politique actuel dans le monde est en train de changer et c’est de plus en plus « la loi du plus fort » qui prévaut. Des présidents disposant d’armées puissantes et d’une grande influence n’accordent plus aucune valeur aux traités internationaux, à la solidarité mutuelle ou à la protection des minorités. Même s’ils se disent chrétiens. Ils ressemblent à un ouragan ou à un tremblement de terre dans lesquels Dieu est introuvable. Ils peuvent causer beaucoup de bruit, beaucoup de dégâts, mais leur chemin aboutira finalement à une impasse. Regardez tous ces empires puissants de la terre devant lesquels les peuples tremblaient et qui n’existent plus aujourd’hui.
Pendant l’ouragan et le tremblement de terre, Élie est resté à l’abri dans la caverne pour éviter d’être submergé par la violence des éléments. Tous ces évènements sont passé sans causer de dégâts durables. C’est alors après que Dieu a pu se révéler à lui.
 
On dit parfois que la meilleure preuve de l’existence de Dieu, c’est que l’Église existe encore après 2 000 ans, une période marquée par de nombreux moments sombres et des schismes. Mais aussi une époque de grands saints qui ont purifié l’Église. Des saints qui, tout comme les prophètes de l’Ancien Testament, ont appelé au renouveau. Car l’Église a constamment besoin de purification pour se libérer de l’emprise de l’argent et du pouvoir, afin de pouvoir se concentrer à nouveau sur l’essentiel : œuvrer pour le Royaume de Dieu.
 
Mais la meilleure preuve de l’existence de Dieu, c’est qu’Il est présent dans la brise légère. C’est pourquoi Jésus dit à ses disciples : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Matthieu 18,20) » et leur donne pour commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (Jean 34,37). »
En d’autres termes : là où il y a de l’amour, là est Dieu.
 
Ubi caritas et amor,
Deus ibi est.

Eugène

Le Royaume de Dieu

Jésus raconte des paraboles pour expliquer le Royaume de Dieu. Dans une parabole, un homme part à la recherche d’un trésor d’une grande valeur et vend tout ce qu’il possède pour acheter le champ où se trouve ce trésor (Mt. 13,44).
C’est une invitation à la fois à la réflexion et à l’action. Car ces deux aspects vont de pair. Si tu as découvert le sens de ta vie, tu dois agir en conséquence.
Dans la parabole, cet homme met tout en œuvre pour acheter ce terrain.
Si, pour vous, il est important de chercher un autre emploi parce que le vôtre est trop stressant, vous pouvez trouver mille arguments pour ne pas le faire. Mais vous resterez alors prisonnier de votre cercle vicieux.
Ou bien vous êtes amoureux de quelqu’un et vous aimeriez l’épouser. Quelles démarches entreprenez-vous pour préparer votre mariage ?
 
La parabole que raconte Jésus concerne le Royaume de Dieu.
Le Royaume de Dieu comporte la dimension du « présent » et celle de l’« avenir ». Le Royaume de Dieu n’est pas seulement un « refuge » où le croyant se rend après sa mort. Il ne s’agit pas d’une destination finale, mais d’une réalité dynamique qui existe déjà ici-bas, sur terre. Il s’agit de la souveraineté de Dieu qui commence avec la venue de Jésus et qui ne cesse de s’étendre. Les personnes qui se laissent toucher par cela recherchent un autre mode de vie dans lequel elles sont transformées selon la volonté de Dieu, selon sa justice et selon son amour.
 
Le Royaume de Dieu commence dès maintenant ici-bas, et si nous voulons y prendre part, cela doit se manifester à travers notre manière de vivre, de penser et d’agir, ainsi que dans nos relations les uns avec les autres.
Ce mode de vie est à notre portée (Lc 17, 21).
La première étape consiste à nous laisser guider par Dieu, à faire de lui le trésor de notre vie.
Et la suite consiste à nous engager pleinement à vivre à partir de notre lien avec Dieu, à faire nôtres les qualités de Dieu : sa justice, sa paix et son amour. Donc, à nous engager totalement pour acheter ce champ.
Ce n’est qu’ainsi que le Royaume de Dieu pourra prendre de plus en plus forme.

Eugène

Succomber aux épreuves de la vie

Jésus adresse une invitation à tous ceux qui risquent de succomber aux épreuves de la vie avec les mots : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt. 11,28). C'est un phénomène de tous les temps, et certainement aussi de notre époque. Nous vivons une époque trépidante. En raison des moyens de communication modernes, nous devons être joignables à tout moment, ou du moins nous avons l'impression que nous devons l'être. Nous sommes constamment interrompus dans notre travail par des messages entrants. Même pendant les repas ou dans l’église, nous avons tendance à consulter notre téléphone.
 
Les nombreuses attentes que nous avons envers les autres constituent une autre source de stress. Les parents attendent beaucoup de leurs enfants, qui doivent participer à de nombreuses activités, faire du sport et suivre des cours complémentaires pour être les meilleurs de la classé.
Les paroissiens, eux aussi, attendent beaucoup de leurs prêtres : ceux-ci doivent être disponibles à tout moment et pour tout le monde. De plus, les prêtres doivent également jouer le rôle de gestionnaires de crise lorsque des paroisses doivent être fusionnées. C'est pourquoi il existe, dans le sud de la France, près de Montpellier, un centre d'accueil pour les prêtres en burn-out. En effet, un prêtre français sur cinq présente de graves symptômes de fatigue.
 
A toutes ces personnes, Jésus dit : « Venez à moi, et je vous donnerai le repos et le soulagement. » A un autre moment, il dit à ses disciples d'aller se reposer dans un endroit à l'écart (Mt. 14,13).
 
On dit souvent que l'être humain se compose d'une âme, d'un esprit et d'un corps, et que ces trois éléments doivent être pris en charge avec soin. Car ils s'influencent mutuellement. C'est pourquoi les anciens Romains disaient déjà : « Mens sana in corpore sano - Un esprit sain dans un corps sain. » Jésus nous promet de nous apporter le soulagement physique et spirituel et c'est pourquoi il nous donne son Esprit.

Eugène

Authenticité

À la fin du Sermon sur la montagne chez Matthieu, Jésus dit :

Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !”qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. (Mt 7,21-29)

Ces paroles nous invitent à une spiritualité qui ne repose pas seulement sur des mots, mais qui est fondée sur une vie enracinée dans la confiance en Dieu.
 
Des gens ont prophétisé au nom de Jésus, chassé des démons et accompli des actes puissants. Mais ces actions découlaient-elles d’une véritable relation avec Dieu ? Car notre vie de chrétien ne repose pas sur de grandes actions religieuses, mais sur une union vivante avec Dieu.
 
En tant que chrétien, ce qui compte, c’est l’authenticité. La foi n’est pas une façade de piété, la foi n’est pas quelque chose de superficiel. La foi, c’est l’intégration des paroles dans la vie. La foi n’est jamais dissociée de la vie concrète et quotidienne ; au contraire, elle doit prendre corps dans la vie de tous les jours.
La spiritualité qui se dégage de ce texte est une spiritualité d’intégration. C’est une unité entre l’écoute et l’action, entre l’intérieur et l’extérieur, entre la foi et la vie.
Jésus nous demande de faire « la volonté de Dieu ». Cela signifie d’aller au rythme de l’amour qui est Dieu lui-même.

Eugène

Un regard vers l'extérieur et un regard vers l'intérieur

Dans ses paroles sur la paille dans l'œil de l'autre et la poutre dans notre propre œil (Mt 7, 3-5), Jésus met à jour une réalité douloureuse liée à une tendance humaine : notre regard perçant vers l'extérieur et notre angle mort vers l'intérieur.
Et Jésus nous demande un changement radical, une métanoïa. Car lorsque nous sommes irrités par un certain comportement chez autrui, cette irritation nous tend souvent un miroir. En effet, notre irritation face à la paille dans l’œil d’autrui renvoie souvent à une poutre dans notre propre œil que nous n’avons pas encore reconnue. Que nous n’avons littéralement pas encore osé regarder en face. Notre agacement face à la paille chez l’autre est une distraction qui nous empêche de nous convertir.
Pour prendre un tout autre exemple : si, en tant que dirigeant, tu rencontres des problèmes dans ton propre pays, tu dois déclencher une guerre contre un autre pays. Ainsi, tout le monde se concentre sur les erreurs de ce peuple-là et ne porte plus un regard critique sur ses propres erreurs.
 
Jésus appelle à un processus de conversion lorsqu’il dit : « Enlève d’abord la poutre de ton œil. »
Notre croissance spirituelle commence donc par la reconnaissance de notre fragilité humaine. Et par le fait d’y jeter ensuite un regard de compassion. C’est alors que nous pouvons aider l’autre avec un regard d’amour.

Eugène